12/03/1928: Damn dam!

C’était devenu une attraction locale, la sortie du dimanche pour les californiens du coin. Peut-être cette pression touristique était-elle trop forte pour le jeune barrage Saint Francis. À peine deux ans après sa mise en service, la structure s’effondra et provoqua une inondation surprise. Plus de quatre cent cinquante personnes perdirent la vie dans ce qui restera comme le deuxième plus grand désastre californien du XXe siècle après le séisme de Los Angeles en 1906.

Marche sur la partie supérieure du barrage de Saint Francis (1926-1928)

L’avantage avec les américains, c’est leur propension à toujours être au top de la technologie. Cela procure un nombre impressionnant de photos du barrage à tout âge. On y voit le calme avant la tempête, puis le chaos total.

Face sud de la « pierre tombale », reste du barrage après la catastrophe (03-1928)

Cet incident coûta sa carrière à l’ingénieur en chef du bureau d’approvisionnement en eau de Los Angeles, William Mulholland. Il avait tout de même soixante treize ans, l’âge de goûter à une retraite bien méritée. Le barrage Saint Francis était vraiment sa création du début à la fin. Il avait même personnellement vérifié la sécurité du bâtiment une fois construit. Ah ça oui, qu’est-ce qu’il était bien construit ! N’importe quel étudiant de classe préparatoire de mathématiques supérieures pourra vous le démontrer avec le célèbre exercice du barrage. Mais alors qu’est-ce qui a cloché ? Il faut regarder du côté de la roche formant le canyon de San Francisquito. Elle s’avéra inadéquate pour supporter un tel barrage. Or, avant la construction, elle fut certifiée idoine par deux des plus grands géologues de l’époque, John C. Branner (de Stanford) et Carl E. Grunsky.

Épaves automobiles appartenant à une partie des victimes du camp de Southern California Edison Construction Co. La photo est légendée ainsi : "Bien que les moteurs et caisses des automobiles aient été très sérieusement endommagées, il n'y a pas eu un seul cas où l'un des pneus a été détérioré." (24/03/1928)

Maintenant, les experts vous diront que les barrages ne s’effondrent plus et ils auront plutôt raison. Ah tiens, ça me rappelle un drame similaire arrivé un 12 mars également, en 2011, dans une autre construction dépendant des conditions naturelles environnantes. Là encore, les experts avaient dit qu’il n’y avait aucun risque d’explosion de réacteur sur le site nucléaire de Fukushima. À demain.

William Mulholland (à gauche, un chapeau) et son adjoint Harvey Van Norman (à droite, un chapeau) inspectant l'épave du barrage (15/03/1928, Los Angeles Herald Examiner)

Post-scriptum : L’ingénieur Mulholland a donné son nom à plusieurs éléments architecturaux de Los Angeles dont la route Mulholland Drive. C’est sur cette route que David Lynch situe l’accident de voiture dans son film du même nom.

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