03/03/1991: Un King à terre

Le printemps arabe nous a montré que les petits évènements font les grands. Avant lui, les exemples ne manquent pas. En politique, on a pu voir de simples phrases ruiner une campagne. En géopolitique, le cas de Mohamed Bouazizi me rappelle l’arrestation de Rodney King. A priori les deux histoires n’ont rien en commun. L’un est tunisien, l’autre américain. L’un s’immole par le feu, l’autre est arrêté en état d’ébriété et tabassé par deux policiers. Et pourtant ces deux faits déclencheront des soulèvements populaires qui les dépassent largement.

Le 3 mars 1991, Rodney King est en excès de vitesse. La police de Los Angeles le poursuit pendant quelques kilomètres jusqu’à ce qu’il accepte enfin de s’arrêter. Ivre, il refuse de se laisser menotter. C’est un colosse d’un mètre quatre-vingt-onze. Deux coups de taser ne suffisent pas à l’immobiliser. Alors deux des policiers présents le passent à tabac. Après cinquante six coups de bâtons et six coups de pied, il finit à l’hôpital avec la une cheville cassée, la mâchoire fracturée et vingt points de suture. Le tabassage est filmé par un vidéaste amateur, George Holliday.

Le tabassage de Rodney King, extrait video George Holliday (Los Angeles, 03/03/1991)

Un an plus tard, le procès d’État conduira à l’acquittement des deux policiers ce qui déclenchera les célèbres émeutes de 1992 à Los Angeles. Pourquoi ? Parce que Rodney King est considéré comme ce que l’on appelle aux États-Unis un afro-américain. Depuis, son histoire est un symbole mondial de la violence policière. Par exemple, le groupe Les Amis d’ta femme y font référence dans leur tube Ploum Ploum Tralala. Ben Harper y fait également référence en rapprochant le nom de King avec Martin Luther King dans la chanson Like a king. La comparaison s’arrête là quand on sait que par la suite Rodney King fut arrêté plusieurs fois pour consommation de drogue et d’alcool, des violences et délits routiers. Le procès fédéral mènera enfin les deux policiers en prison et fera indemniser Rodney King à hauteur de trois millions huit cent mille dollars.

Peu après ces faits, plusieurs associations de surveillance des activités policières ont vu le jour, notamment au sein du réseau Copwatch. C’est le même réseau qui récemment a publié les coordonnées des policiers de France. Les dérives sécuritaires n’épargnent donc personne, pas même les associations chargées de les éviter. À demain.

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