27/02/1933-1943: Berlymbole

Enfant, Berlin avait pour moi l’image d’une ville à laquelle arrivent les mêmes histoires qu’à l’Europe. On parlait d’un rideau de fer entre les pays de l’Est et l’Ouest. Ce rideau existait bel et bien, et c’était le mur. Au delà du mur, on peut remonter jusqu’à la découpe de la ville à la suite de la seconde guerre mondiale. À l’image de l’Allemagne –et un peu de l’Europe– la ville fut partagée en quatre par les vainqueurs. Et avant cela, l’Europe fut réduite en cendres alors que quelques années plus tôt, le Reichstag était lui-même la proie des flammes, le 27 février 1933. Comme si l’incendie n’avait pas été arrêté et s’était propagé dans tout le continent.

La photo des pompiers face à l'incendie du Reichstag que nous avons tous vu dans nos manuels d'histoire (Berlin, 27/02/1933)

Pourtant, dans cette folie mondiale, cette guerre que la civilisation n’aura pas su empêcher –« Toutes les civilisations ne se valent pas. » Claude Guéant, philosophe–, il y eut moult tentatives d’arrêter la machine. Coïncidence de l’Histoire, l’une d’entre elles se produisit à Berlin même, le jour des dix ans de l’incendie du Reichstag. Le contexte se durcissait pour les juifs allemands en 1943. Le front de l’Est buta sur Stalingrad. Alors Hitler désira en finir au plus vite avec les juifs, y compris ceux qui n’avaient pas encore été déportés parce que mariés à des allemandes non juives. Le 27 février, 7000 juifs furent arrêtés à Berlin. Certains mêmes furent envoyés directement vers les camps d’extermination, les autres étant parqués dans des prisons créées pour l’occasion. L’une d’entre elles était un ancien bureau d’aide sociale de la Rosenstrasse, une rue de Berlin. Les épouses ne voyant pas leurs maris rentrer se réunirent là spontanément. Plusieurs centaines d’entre elles y passèrent la nuit et tinrent le pavé les jours suivants. Les autorités n’arriveront pas à les déloger malgré quelques actions musclées. Le 6 mars, les maris (et les enfants, car ils avaient aussi été arrêtés !) seront libérés –y compris vingt cinq d’entre heureux qui seront rapatriés d’Auschwitz– une manière pour le pouvoir de faire taire la contestation et d’éviter sa propagation à d’autres villes.

Reconstitution du rassemblement de Rosenstrasse pour le film éponyme (2003)

Pour aller plus loin, cette histoire me donne furieusement envie de voir le film allemand Rosenstrasse, pas vous ? À demain.

Le palais du Reichstag de nos jours, photo Bertrand Orsal (Berlin, 28/08/2010)

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