20/02/1722: La multiplication des Canaletti

Il était une fois, vers 1700, un grand peintre vénitien nommé Giovanni Antonio Canal, fils d’un autre peintre, Bernardo Canal. Pour différencier le fils du père, on appela le petit Canaletto. Comme ils habitaient dans une ville avec pleins de canaux, ils convinrent que ce serait amusait de les peindre, rapport à leur nom de famille. Et il peignirent. Canaletto montra rapidement un certain génie dans la fidélité à la réalité de ses représentations, même si au final il prenait parfois quelques libertés. Tout n’est qu’illusion et c’est aussi vrai en photographie pour les clichés qui nous paraissent les plus réels.
Pour préparer ses œuvres, Canaletto était un grand amateur de la technique de la chambre noire, instrument d’optique permettant la projection d’une image sur une surface plane, autrement dit l’ancêtre de l’appareil photo, une invention que nous devons au savant arabe Abū ʿAlī al-Ḥasan ibn al-Ḥasan ibn al-Haytham. Alhazen –comme l’appelaient ses copains pour faire plus court– vécut aux alentours de l’an 1000, quand l’Europe dormait en plein Moyen-Âge. Je referme là cette parenthèse montrant, à travers l’exemple de ce premier scientifique de l’humanité, que nous ne serions rien sans les Arabes, eux-mêmes héritiers spirituels des savoirs de l’Antiquité. Autrement dit, le mot civilisation est invariable.

Place Saint-Marc, direction Sud-Ouest, Giovanni Antonio Canal dit Canaletto (1755~1759)

Place Saint-Marc, direction Sud-Ouest, Giovanni Antonio Canal dit Canaletto (1755~1759)

Revenons à nos canaux. Exceptionnellement, nous parlons de peinture dans un blog photo, car nulle est la différence entre les deux en termes d’Art. Il n’y a qu’une frontière technique qui pour l’humanité ne fut qu’une histoire de temps. Les chemins de la création graphique sont les mêmes. Aujourd’hui, Canaletto et ses camarades génies auraient tous un reflex numérique à la place de la chambre noire, un trépied à la place du chevalet. Et un mac avec photoshop pour atelier. En guise d’outil info-graphique, les peintures de l’époque étaient souvent retouchées ou finies par les disciples du maître, comme son propre neveu Bernardo Belotto, présumé né le 20 février 1722. La différence entre les deux est une histoire d’expert.

Place Saint-Marc, direction Sud-Ouest, Bernardo Bellotto dit lui aussi Canaletto (sans date)

De nos jours, nos ancêtres artistes seraient également couchsurfers, adeptes qu’ils étaient du Grand Tour. On ne le dira jamais assez : bougez ! À demain.

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