03/02/1989: Alfredo, Andrés, Augusto, parfois c’est bien de perdre un triple A.

1989 fut décidément une année de changement. On pense souvent au bloc soviétique, mais intéressons-nous aujourd’hui à ce qui se passa au Paraguay le 3 février 1989. Alfredo Stroessner était tranquille en plein dans sa trente-cinquième année de dictature. Il ne demandait rien à personne et voilà que Andrés Rodríguez Pedotti profita de sa faiblesse et de son grand âge pour le renverser. Il n’y a vraiment plus de respect pour les aînés.
Avant cela, l’Histoire était simple. Stroessner avait pris le pouvoir en 1954 avec un coup d’État soutenu par le parti Colorado, l’UMP locale, majoritaire, ainsi que par l’armée. Il avait ainsi réussi à rapprocher les deux forces du pays après sept ans d’instabilité politique et de coups d’État au Paraguay. Il faut dire qu’Alfredo c’est un héros de la guerre du Chaco contre la Bolivie, une espèce de De Gaulle local, le plus jeune général de l’époque. Là s’arrête la comparaison entre généraux, car ensuite Alfredo a bien potassé son petit manuel du parfait dictateur. Au final il détient tout de même la deuxième place de longévité en Amérique derrière l’indétrônable Fidel Castro.

Alfredo Stroessner et Augusto Pinochet défilent dans une voiture déguisés en dictateurs sud-américains (Santiago, 09/1974, Reuters/Stringer)

Et après me direz-vous ? Andrés Rodríguez Pedotti n’était pas mal non plus en dictateur. En tant que fils spirituel de Stroessner, il récupéra l’armée et le parti Colorado mais gagna également le soutien de l’église catholique romaine et des États-Unis. Ben tiens, il est anti-communiste Rodríguez, ça aide. Mais là, étrangement, il se mit à démocratiser le pays. Bon ok, pas avant de s’être servi lui même en se faisant élire une première fois président avec 74% des voix, certes. Mais tout de même, après il se retire et depuis le Paraguay vit une histoire de république démocratique comme les autres, avec des élections, des démissions, un assassinat de vice-président et même une première condamnation d’un ancien président en 2006, Luis González Macchi, cinq ans avant Jacques Chirac en France. Pourvu que ça dure !

Pour aller plus loin, je vous conseille l’article sur le documentaire de la cinéaste Renate Costa, avec un extrait frappant sur le traitement des homosexuels sous la dictature de Stroessner. À demain.

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