18/01/1871: Des allemands à Versailles, tourisme ou facétie ?

En juillet 2010, quand je disais que pour mon premier grand voyage j’avais choisi l’Allemagne, une majorité de mes amis français m’ont demandé pourquoi j’allais perdre mon temps là-bas, surtout en plein été, au lieu d’aller bronzer sur la plage comme tout bon contribuable s’accorde à faire deux semaines par an pendant 42 ans. Et pourtant, il y a tant à apprendre de la cousine de la France. Cousine ou peut-être même sœur tant les histoires des deux pays sont liées. Comme des sœurs, les bagarres se suivent et se ressemblent. Oh je sens que vous voulez un exemple. Tiens, prenons le cas de Guillaume Ier de Prusse. Le 18 janvier 1871 fut sûrement le plus beau jour de sa longue vie, puisqu’il devint Empereur allemand suite à sa victoire sur la France. Facétieux, il se fit couronner dans la galerie des glaces du château de Versailles. C’est probablement pour cette raison que le traité de paix de 1919 entre l’Allemagne et les Alliés fut également signé dans la galerie des glaces. Ce genre de répétition rappelle le wagon-restaurant utilisé pour signer deux armistices franco-allemands, en 1918 et 1940. De vraies sœurs, je vous le dis !

Tableau de la proclamation de l'Empire allemand (Versailles, 18/01/1871). Mais où étaient les premiers photoreporters ce jour-là ?!

Comme des sœurs aussi elles répètent les mêmes schémas. Tiens, connaissez vous la confédération germanique ? Rappelez-vous, c’est sûrement enfoui au plus profond de vos cours d’histoire, pour peu que ça ait été abordé par votre prof de l’époque. C’est un héritage de Napoléon qui créa la confédération du Rhin, rassemblant les états germaniques sous l’Empire français. Après sa chute en 1814, la confédération fut maintenue et élargie, incluant entre autres l’Empire d’Autriche, le Royaume de Prusse et de futurs micro-États européens comme la Principauté de Liechtenstein et le Grand-duché de Luxembourg. En théorie, la confédération germanique pouvait conduire une politique commerciale et douanière commune à tous les États. En réalité, elle ne pouvait fonctionner qu’en cas d’entente entre l’Autriche et la Prusse, les deux principales puissances. Tout  accord conclu entre elles était imposé aux petits États de la confédération. Sinon elle était en sommeil. De ce fait, l’histoire de la confédération est en réalité celle des relations austro-prussiennes. Ça ne vous rappelle pas ce que l’on nomme maintenant le couple franco-allemand ?

« Ruiné, tu peux aller chez ton ami,
mais non chez ta soeur. »
Proverbe indien

Toutes ces histoires politiques nous éloignent de l’essentiel, la beauté et l’intérêt de découvrir l’Allemagne. Car c’est avant tout pour ça que j’y suis allé, plusieurs fois, et que j’y retournerai. En attendant, je vous conseille de suivre la chaîne Arte et notamment Karambolage, une émission qui fait du bien aux relations franco-allemandes. À demain.

Herrenstrasse, photo Bertrand Orsal (Freiburg im Breisgau, 08/2010). L'Allemagne, c'est aussi ça. Alors, on y va ?

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