17/01/1966: Coucouroucoucou, Paloooooooomares

J’ai entendu récemment à la radiodiffusion française que le thème de la campagne des verts –la dénucléarisation fissa fissa– est hors sujet. Les français ne seraient pas si inquiets que ça et souhaiteraient plus débattre des sujets que l’on pourrait qualifier de traditionnels pour les écologistes français, autrement dit ceux qui touchent la ménagère de moins de 50 ans : les OGM, la dépollution de l’atmosphère, les énergies nouvelles et le prix du carburant, autrement dit tout ce qui touche aux dépenses du ménage en termes de bouffe, de facture d’électricité et de médecin pour les allergies du petit dernier ; « ah oui ma bonne dame, maintenant l’allergie c’est le mal du siècle avec tous ces polluants que les américains y nous mettent dans l’atmosphère, ça ira pas mieux demain c’est moi qui vous l’dit crénondenon. »

Certes, Europe-Ecologie-Les-Verts ferait bien de ne pas omettre ces sujets, mais tout de même, le nucléaire, enfin ! Il y a eu Fukushima, et avant ça le Koursk, et avant eux, environ tous les 5 ans, toute une série d’accidents depuis les années 70. Alors quoi on continue ?
Pour rappel, il n’y a pas que les centrales et les sous-marins qui peuvent présenter un danger nucléaire. Les avions ne sont pas en reste. C’est ainsi que le 17 janvier 1966, un Boeing de l’armée américaine est percuté en plein vol par l’avion chargé de son ravitaillement, à plus de 9000 mètres d’altitude, au-dessus de la Méditerranée. Huit membres d’équipage sont tués sur le coup. Quatre militaires du Boeing survivront. Il y avait quatre bombes H à bord. L’une finira en pleine mer et sera récupérée deux mois et demi plus tard. Les trois autres sont retrouvées près de Palomares en Espagne.

Une des bombes du B52 retrouvée à 870 m de fond, ici sur le pont du USS Petrel. Pas de quoi rire les gars.

Suite à cela, il faudra déplacer pour décontamination 1400 tonnes de terre et brûler ou enterrer l’ensemble des plants de tomate contaminés. Une centaine de villageois sont touchés plus ou moins gravement. De nos jours certaines zones sont encore contaminées et servent maintenant de laboratoire d’observation de l’effet de la radioactivité en milieu agricole. Effrayant, non ?
Pas tant que ça au regard de ce qui nous pend au nez maintenant. N’ayons pas peur, car elle est mauvaise conseillère, mais regardons tout de même ce qui se passe, en Iran ou en Corée du Nord par exemple. Pour bien mesurer cela, j’invoque le concept de l’Horloge de la fin du monde, créé au début de la guerre froide. Sur cette horloge, minuit indique la fin du monde. Les minutes avant minuit indiquent la distance qui nous en sépare, mise à jour régulièrement par les directeurs du Bulletin des scientifiques atomistes de l’Université de Chicago. Ainsi les ambitions nucléaires de ces deux pays ont fait baisser le temps restant de 2 minutes le 17 janvier 2007, passant de 7 à 5 minutes avant minuit. Après être passée à 6 minutes en 2010 suite à l’entente internationale sur la non prolifération des armes nucléaires, l’Horloge vient de repasser à 5 minutes dans l’indifférence générale, le 10 janvier dernier. Cette nouvelle évaluation est justifiée par les dangers imminents de prolifération nucléaire et de changement climatique, ainsi que la nécessité de trouver des sources d’énergie sûres et durables. Comme quoi, on en revient au même pour nos écologistes : il faut traiter des sujets plus largement dans cette campagne !

Evolution de l'Horloge de la fin du monde depuis 1947

Pour aller plus loin, je vous recommande l’excellente carte des installations nucléaires en France du réseau Sortir du nucléaire, parce qu’il n’y a pas que les centrales dans la vie. A demain.

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Une réflexion au sujet de « 17/01/1966: Coucouroucoucou, Paloooooooomares »

  1. Le problème de l’énergie propre et durable, c’est qu’elle est chère et que madame Michu ne veut pas dépenser tous ses sous pour chauffer sa maison et acheter un équivalent de clio des années 60 qui peut pas faire plus de 100 kms avant d’être immobilisée pendant 4h pour recharger les batteries… Ce en quoi je serais assez d’accord avec elle, pour une fois.

    La moins mauvaise des options disponibles en ce moment, c’est la fission nucléaire a sels fondus… Mais comme c’est toujours du « nucléaire », madame Michu ne veut pas en entendre parler non plus. (pis va fabriquer du plutonium avec des sels fondus, aussi…)

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