16/01/1954: C’était notre Raïs à nous.

Avec son look définitivement « Quatrième République » et son air de français coincé, il est sans conteste une icône de la France d’après-guerre, le président René Coty. Ah déjà son nom sent la campagne normande et le beurre en motte, les champs de pomme et le port du Havre à marée basse. Même ses mandats étaient d’un autre temps. Il a tout de même été un des derniers députés et sénateurs de Seine-Inférieure, avant qu’elle ne devienne la Seine-Maritime. Et puis il a bénéficié d’une chance insolente qui le mena au pouvoir suprême après treize tours de scrutin. Rappelons que sous la Quatrième République, le président est élu par le parlement à la majorité absolue. Tant qu’il n’y a pas de majorité, le vote recommence. Et les candidats peuvent changer d’un vote à l’autre. C’est ainsi que René Coty n’est entré en lice qu’au douzième tour de scrutin, à la suite de deux autres candidats de son camp. Alors, le 16 janvier 1954, le voilà en route pour l’Elysée, ce qui fera dire à sa femme :

« Et dire que je viens de rentrer mon charbon pour l’hiver ! » Germaine Coty

Le président René Coty, un certain côté "homme le plus classe du monde" finalement

Quelques années plus tard, il favorisera le retour du Général de Gaulle au pouvoir et l’aidera à créer la Cinquième République. Il resurgira dans nos mémoires au XXIe siècle, d’une part quand son sosie moderne Jean-Pierre Raffarin est devenu Premier ministre, puis plus récemment dans une scène du film OSS 117, Le Caire nid d’espions, où il est stupidement présenté comme… une icône de la France par le personnage de Jean Dujardin.

"Regarde, c'est notre Raïs à nous. C'est monsieur René Coty. Un grand homme, il marquera l'histoire. Il aime les Cochinchinois, les Malgaches, les Marocains, les Sénégalais... C'est donc ton ami. Ce sera ton porte bonheur."

Cela me permet sans transition d’évoquer le récent Golden Globe de Jean Dujardin. Qu’il est loin le temps de Chouchou et Loulou et de Brice de Nice. La France a un nouvel acteur est en pleine voie de marioncotillardisation. On lui souhaite bon vent et qu’il nous fasse rire encore longtemps. À demain.

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