05/01/1875: Palais Garnier, un produit de beauté

Architecture un jour, architecture toujours ! Nous terminons notre série architecturale par un ancêtre parisien, plus vieux que la tour Eiffel, plus clinquant que le Louvres, j’ai entendu les Catacombes au fond, mais non, il s’agit d’une salle de spectacle, le Palais Garnier, parce qu’il le vaut bien.

Le Palais Garnier en 1875, gravure extraite du livre "Le nouvel Opéra" par Charles Nuitter, Paris, 1875

Quand en 1861 Charles Garnier remporte le concours de construction d’un nouvel opéra pour Paris, il est encore un jeune architecte peu connu. C’est sa première grande réalisation. Malgré les embûches, elle lui apportera la reconnaissance. Et tout cela selon la volonté de Napoléon III. Attention cependant à toute velléité de réhabilitation d’un dictateur via ses apports architecturaux, surtout lui. Il n’y a pas de bonne raison de dictater, hormis dans tout bon projet de création artistique qui se respecte.
En 1858, Napoléon le petit est visé par un attentat à la salle d’opéra du moment, dans la rue Le Peletier. Suite à cela, l’empereur ordonne la construction d’une nouvelle salle, un projet somptueux pour accueillir la haute société. A la surprise générale, le projet de Garnier est retenu, écartant des plus prestigieux que lui comme Viollet-le-Duc, éliminé au premier tour. Le projet de Garnier étonne. A un découpage efficace des différentes fonctions du bâtiment, il ajoute une décoration externe flamboyante, héritage des cultures orientales. L’architecte revient d’un voyage d’études en Grèce et en Turquie. Ces deux pays vont apporter à Garnier l’inspiration nécessaire pour se démarquer. Bref, vive les voyages, vive l’étranger.

Après la nappe phréatique trop élevée qui nécessita un cuvelage en béton, après la construction d’immeubles alentours imposant de relever le toit de l’opéra pour le situer plus haut, après les coupes budgétaires et la chute du second empire, le bâtiment est inauguré le 5 janvier 1875 par le président Mac Mahon. Le tyran qui en fut à l’origine ne pu jamais en profiter. Entre-temps, Garnier sera devenu connu, et ce grâce à une vie sociale très intense. C’est aussi un aspirant écrivain. Il publie plusieurs articles d’architecture. De nos jours, il aurait un blog et une page Facebook avec 15 000 inscrits.

La plafond de la salle de spectacle du Palais Garnier, avec la fresque de Chagall

Pour l’anecdote, la scène du Palais Garnier est une piste de danse assez déconcertante pour les ballets professionnels. Pour améliorer la perspective et augmenter l’effet de profondeur, elle est penchée de quelques degrés, plus haute vers le fond qu’au bord de l’orchestre. Quand vous verrez un saut sur ce plan incliné, pensez-y.

L’Opéra Garnier se visite ! Virtuellement et physiquement. A propos du Palais Garnier, précipitez vous sur son épisode de l’excellente série documentaire Architectures. A demain.

L'entrée de l'Atheneum, le "Palais Garnier" roumain construit par Albert Galleron, recommandé par Charles Garnier, photo Bertrand Orsal (Bucharest, 22/01/2011)

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