31/12/1965: Quel beau cas ce Bokassa !

Le 31 décembre 1965 au matin, David Dacko est encore président de la République centrafricaine.

Qu’il est jeune, lui qui accéda au pouvoir suprême à 29 ans, six ans plus tôt, et géra le passage à l’indépendance. Le pays souffre d’une économie faible et des rebelles s’agitent aux frontières. Dacko a semble-t-il obtenu une aide financière pour le pays de la part de la République populaire de Chine. Une hypothétique mainmise communiste sur le pays, voilà peut-être l’une des raisons qui poussa son cousin, Jean-Bedel Bokassa, à mener une coup d’état ce jour-là. Ou plutôt cette nuit-là car c’est bien le soir de la Saint Sylvestre que tout est arrivé. Pendant que Dacko est en visite hors de Bangui, la capitale, le palais présidentiel et la radio nationale sont pris d’assaut par les forces du capitaine Banza, sous les ordres de Bokassa. En plein réveillon, Jean Izamo, le chef de la gendarmerie et proche conseiller de Dacko, est appelé d’urgence par Bokassa et Banza qui le font prisonnier. A son retour dans Bangui, Dacko est également arrêté et échappe de peu à une exécution immédiate. Ainsi, c’est sans grande résistance que Bokassa accède à la présidence de la République centrafricaine le 1er janvier 1966.
En 1972 il s’auto-proclame président à vie, puis en 1977 il se fait couronner empereur de Centrafrique sous le nom de Bokassa Ier, ce qui lui vaudra d’être lâché par la France qui en 1979 donnera à nouveau les rênes du pays à Dacko.

Jean-Bedel Bokassa le jour de son couronnement (04/12/1977)

Le règne de Bokassa est parsemé de doutes. Ses admirateurs sont aussi fervents que ses détracteurs, au point qu’en 1987 il fera même l’objet d’accusations de cannibalisme lors de son procès. Alors que croire sur le personnage ?
L’affaire des diamants offerts à Valérie Giscard d’Estaing, le rapprochement avec la Libye de Kadhafi, les arrestations et meurtres arbitraires, les répressions des manifestations dans le sang, tous ces faits sont entachés d’incertitudes et j’aimerais lire un vrai travail d’historien sur la question.
A l’image de son idole Napoléon, quelque soit le bien ou le mal que Bokassa ait fait, il n’est ni plus ni moins qu’un dictateur absolu. Seule restera cette image surréaliste de son costume de couronnement serti de perles. Peut-être a-t-il manqué de retenue là où un autre que lui, au même poste, n’aurait affiché qu’une Rolex et une paire de Ray-Ban. Mais même cela parfois n’est pas suffisant pour cacher l’imposture. Il y a des signes qui ne trompent pas. A demain.

Le président de la République française Nicolas Sarkozy lors du défilé militaire, photo Bertrand Orsal (Paris, 14/07/2011)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s