20/12/1989: Existe-t-il réellement une juste cause ?

Le 20 décembre 1989, le Panama est envahi par les Etats-Unis. Ce jour marque la fin proche du régime de Manuel Noriega. Pourquoi une telle invasion ? Le prétexte est double. Officiellement, c’est un acte de légitime défense au sens de l’article 51 de la charte des Nations Unis, en réponse au décès d’un officier américain sur le sol panaméen. Officieusement, les Etats-Unis veulent retrouver leur contrôle sur Panama. Et cela fait plusieurs mois que Noriega déjoue avec succès les coups d’état contre lui…

Trois membres de la 7ème division d'infanterie, comme à la maison, photo Master Sgt. Ken Hammond (Sano, 01/01/1990)

En mai 1989, Noriega annula l’élection présidentielle. Alors, un évènement prépara les opinions publiques à l’invasion. Au lendemain de l’élection, une manifestation menée par le camp de Guillermo Endara, supposé vainqueur par les urnes, fut attaqué par des hommes de Noriega. Le candidat à la vice-présidence Guillermo « Billy » Ford fut alors photographié la chemise en sang –celui de son garde-du-corps– menacé par un membres d’un « Dignity Battalion » de Noriega. Cette photo fit le tour du monde sur les Unes du Time magazine, de Newsweek et de U.S. News.

Guillermo "Billy" Ford, photo Ron Haviv (05/1989)

La force de ce cliché réside essentiellement dans ses détails. Au premier abord, il y a la scène principale, le candidat menacé et ensanglanté. Le rouge du sang et le blanc de la chemise, le bleu du t-shirt du milicien et le blanc du bouclier du militaire en second plan rappellent les couleurs du drapeau panaméen. Et puis il y a ces affiches de cinéma. Presidio –un navet– nous montre ici en grand la tête de Sean Connery, désormais James Bond à la retraite. Redondance des signes, la seconde affiche est le dernier James Bond de l’époque, « Su nombre es peligro », en français « Tuer n’est pas joué » avec Timothy Dalton. L’opposition du héros britannique qui gagne toujours avec la victime panaméenne en plein détresse donne son véritable contraste à la photographie.

En 1990, à la fin de l’opération Just Cause, il se réfugia dans l’ambassade du Vatican au Panama. Pour l’en déloger, les américains déployèrent une unité PSYOP dont la spécialité est la torture musicale. Noriega fut délogé à coups de tubes américains passés en continu devant l’ambassade. Vous pourrez en savoir plus sur les PSYOP dans le prochain numéro du Jungle Magazine, sortie imminente.

Après plusieurs années dans les prisons américaines et française, Noriega est maintenant retourné purger ses peines au Panama. A demain.

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